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Réincarnation et le christianisme

Dossier Guérison > Histoire des Religions

La réincarnation et le christianisme

Le choix de nous réincarner dans cette période et dans cet univers technocratique a été dicté par la voie de notre destinée dont nous avons au préalable accepté les termes. Nos nombreuses incarnations a forgé notre expérience de la vie sur terre et dans d’autres dimensions. Nous avons passé par d’autres formes de vie, tantôt dans tel religion, tantôt en homme ou en femme pour comprendre tous les aspects de l’existence humaine et spirituelle. L’accumulation des expériences nous sert dans notre lente progression au sein du Grand Tout. Nous avons vu naître nos existences sur de multiples continents sous différents aspects ethniques. Nous devons donc, par notre pluralité existentielle offrir à la vie une tolérance sans borne.

La réalité réincarnative trouvera un jour, le moyen d’émerger à nouveau au sein des églises chrétiennes, et plus précisément dans l’église catholique romaine. La réincarnation permet d’apporter une réponse directe aux différentes questions existentielles que l’homme se pose sur sa place dans cet univers. Les témoignages et les écrits anciens, tel que l’Ancien Testament, la Kabbale Sacrée, atteste du temps de Jésus, la réincarnation figurait dans les réalités communes partagées par les êtres humains.

Les Juifs de Palestine avaient une connaissance accrue des notions fondamentales régissant les lois karmiques, ainsi que l’intégration Atmique au sein de différents corps humains. Flavius Josèphe (37-100 après J.-C.) rapporte que, pour les Esséniens, les Nazaréens et d’autres groupes judéo-chrétiens, le corps serait une chose passagère, tandis que l’âme serait immortelle, qu’elle existerait avant la naissance et subsisterait après la mort. Ce état de fait apparaît de façon implicite dans la Bible au travers des messages réels dont il faut libérer le contenu caché.

Pour reprendre pour mémoire les différents écrits étayant les assertions dont il est fait mention, nous allons simplement évoquer les différents écrits bibliques en tenant compte des interprétations offertes par les différents traducteurs qui se sont succédés au cour des temps. Certains textes canoniques ont également subi des corrections officielles. Allons ensemble à la découverte des passages évangéliques et essayons de redécouvrir le sens caché et perdu.

  • Matthieu XI, 11-14XIV, 1-2XVI, 13-1628XVII, 10-13

  • Marc I, 7-8VIII, 27-29IX, 9-1327-28

  • Luc I, 13-17IX, 7-918-20

  • Jean III, 3-7Viii, 55-59IX, 2-3et 21-23XVII, 24-26


Au travers de ces écrits, Jésus confirme lui-même que l’âme du prophète Elie s’est réincarnée en Jean-Baptiste. L’Apocalypse de Saint Jean fait également écho à l’idée de la réincarnation.

Et, malgré le travail assidu de nombreux collèges de «» qui ont eu à «» les textes canoniques officiels de la Bible aux décisions des Conciles, les passages énumérés ci-dessus tendent à prouver que Jésus tenait la réincarnation pour une notion généralement admise.

Jésus de Nazareth croyait-il lui-même à la réincarnationLes écrits esséniens découverts près de Qumrân, ainsi que les anciens évangiles coptes dits «» trouvés à Naga-Hammadi (Moyenne-Egypte) après la deuxième guerre mondiale ont fourni la réponse à cette question.

En l’an 68, ainsi que le raconte Flavius Josèphe dans sa «des Juifs», les légions romaines ont massacré jusqu’au dernier les quelque quatre mille membres de la communauté des Esséniens. Pour sauver les manuscrits de la destruction, ces derniers les avaient cachés dans des jarres en terre soigneusement obturées, qu’ils avaient ensuite dissimulées dans des anfractuosités rocheuses sur les rives impraticables de la mer Morte.

La découverte fortuite de ces documents au lendemain de la deuxième guerre mondiale a permis à ce jour de réunir plus de huit cents manuscrits originaux, parmi eux, un sermon pour la paix d’un certain «ère Jésus», qui s’exprime aussi sur la réincarnation.

Voici deux extraits du texte original

«ésus s’était assis à l’entrée du temple, et la foule s’était rassemblée pour entendre son enseignement. Quelqu’un lui demanda«ître, qu’enseignes-tu à propos de la vie». Et il lui répondit«ceux qui connaissent de multiples épreuves, car à travers la souffrance ils connaîtront la perfection. Ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel, et ils ne mourront plus jamais et n’auront pas à naître à nouveau. Car ni la mort, ni la naissance n’auront plus de pouvoir sur eux». (XXXVII, 1-2)

De même que toutes les créatures sortent de l’invisible pour venir en ce monde, ainsi retournent-elles à l’invisible, et ainsi reviendront-elles à nouveau, jusqu’à ce qu’elles soient purifiées. Il existe une résurrection hors du corps et une résurrection dans le corps. Et il existe une ascension de la vie hors de la chair et une descente dans la vie de la chair.
Le corps que vous descendez au tombeau ou que le feu réduit à néant n’est pas le corps qui viendracar ceux qui viennent recevront un autre corps, qui sera le leur, et ce qu’ils auront semé dans une vie, ils le récolteront dans une autre. Heureux ceux qui subissent l’injustice dans cette vie, car ils connaîtront de grandes joies dans la vie prochaines. Heureux ceux qui auront fait preuve d’équité dans cette vie, car ils recevront la couronne de la vie.» (XCII, 2-4)

Quand aux textes coptes trouvés à Naga-Hammadi, ils font partie des versions les plus anciennes connues des Evangiles, et leur importance tient à ce qu’ils n’ont jamais été «és»ils sont restés en l’état depuis le premier siècle. Ces textes coptes originaux contiennent infiniment plus que les quatre Evangiles «». Malheureusement, les théologiens les ont qualifié péjorativement de «» au lieu de les étudier et d’y reconnaître le message chrétien originel à mettre au centre de l’enseignement religieux. La «Sophia» par exemple, revient sans cesse sur la réincarnation«de recevoir les secrets de lumière et d’entrer dans le Royaume de la Lumière. Ne remettez pas cet effort au lendemain ou à une autre vie dans la croyance que les secrets vous seront révélés sans que vous ne reveniez sur terre pour le prochain destin».

La question de la réincarnation est aujourd’hui d’une grande actualité. Au Moyen Age, les foules se satisfaisaient dans l’ensemble de la doctrine proposée par l’Eglise et s’y conformaient aveuglément. L’Eglise, facteur de pouvoir dans la société féodale, pouvait imposer ses décisions aussi bien pour les questions spirituelles que pour les problèmes terrestres, ce qui est aujourd’hui inconcevable. La Bible elle-même n’était accessible qu’à une élite privilégiée, car on craignait les vérités révélées dans ses textes.

L’homme pensant d’aujourd’hui ne se laisse plus convaincre par un ordre, mais par des preuves. Ainsi en va-t-il de la réincarnation. Jamais formellement ou officiellement interdit par une encyclopédique ou une bulle papale, son enseignement a tout simplement été ignoré, passé sous silence, au lieu d’être repris dans le «».

Que s’est-il donc passé ?

En fait, le problème s’est posé lors du Concile de Nicée (Asie Mineure) en l’an 325. C’est ce Concile qui a formulé pour la première fois la profession de foi chrétienne, connue sous le nom de «». Un groupe important d’évêques et de patriarches participant aux discussions préparatoires s’y prononcèrent pour la mention de la réincarnation dans le «» et le respect des passages correspondants des Ecritures Saintes. Toutefois, la majorité, forte de l’influence de l’Empereur, a refusé cette mention.

C’est pourquoi on peut aujourd’hui affirmer en toute certitude que la doctrine ésotérico-chrétienne de la réincarnation n’a jamais été interdite en tant que telle, pas plus qu’elle n’a été inscrite dans le système doctrinal de l’Eglise. Aussi sommes-nous libres de reprendre cet héritage au service de notre développement, le but étant notre retour à Dieu.
Pour être complets, nous les Chrétiens (nous avons choisi le rôle de Chrétien pour cette existence) devons aussi dire pourquoi la réincarnation ne refait pas surface dans l’enseignement doctrinal officiel des Eglise chrétiennes. Ceci exige un bref résumé historique.

Pour renforcer son pouvoir politique, l’Empereur Justinien de Constantinople promulgua un édit frappant d’excommunication, c'est-à-dire d’anathème, les tenants de la doctrine d’Origène, qui proclamait entre autres la préexistence de l’âme. Le synode de l’Eglise d’Orient convoqué en 543 adopta cet édit, en faveur duquel  le puissant patriarche Mennas joua un rôle décisif. L’anathème – qui ne visait pas la réincarnation comme telle, mais bien la doctrine d’Origène sur la préexistence de l’âme – fut alors confirmé et proclamé par le Concile général de Constantinople en 553.

Quarante-deux Pères de l’Eglise s’étaient prononcés en faveur du souhait de l’Empereur, trente-huit étaient restés inébranlables, et quatre étaient absents. En effet, les patriarches venant du Nord des Alpes avaient été retardés au col de la Bernina par une tempête de neigeils n’arrivèrent à Constantinople que le 2 juin 553, c’est-à-dire après la clôture du Concile. L’absence de quatre petites voix a donc permis de rayer d’un trait de plume l’enseignement traditionnel.

Le pape Virgilius, à l’époque prisonnier de l’Empereur et en résidence surveillée à Constantinople, avait refusé de prendre part au Concile, d’en diriger les débats et de participer au vote sur les propositions d’anathème. Toutefois, sept mois plus tard, le 8 décembre, le 8 décembre 553, il devait en signer les actes sous la pression de l’Empereur, qui lui offrait en contrepartie son aide pour lutter contre les envahisseurs ostrogoths. Les «» se vient dès lors confier la mission de rectifier et de réviser les textes bibliques pour les conformer aux nouveaux anathèmes. Ainsi a-t-on pu faire remonter la négation de la réincarnation au Concile de Constantinople de 553, qui jeta onze anathèmes sur la doctrine du Père de l’Eglise Origène.

La procédure de convocation du Concile, l’absence du pape Virgilius, l’intolérance découlant des décrets d’excommunication et les circonstances du vote, qui créent un climat de doute, sont contraires à la doctrine du pardon et d’amour de Jésus. Rien ne permet de déduire la réincarnation des textes condamnés, qui affirment que l’âme humaine provient des anges déchus condamnés à faire pénitence. Ils confirment à mon avis l’existence du Karma originel de l’homme, mais ne disent rien de l’idée de réincarnation comme voie et moyen de développement personnel. (Pistis Sophia est un livre apocryphe dicté par Jésus à ses apôtres après la résurrection, l'église catholique romaine n'a jamais accepté un tel livre, on dit que le manuscrit a été trouvé en Egypte dans 718 papyrus écrits en Copte, et publié pour la première fois en France en 1851. Ensuite, il y a eu une version en Anglais.

Plus tard le Maître Huiracocha a essayé de le dévoiler sans succès, et le Maître Samaël l'a dévoilée comme oeuvre posthume. Publié en 1983, il a été son dernier livre. Le Maître s'est désincarné sans le terminer, des 148 chapitres de Pistis Sophia, seulement 91 ont été dévoilés.)

La formulation des anathèmes est difficile à considérer comme chrétienne. Voyons, à titre d’exemple, le premier et le neuvième.

1. «quelqu’un affirme ou pense que les âmes des hommes leur ont préexisté comme esprits et puissances sacrées, pour se détourner de Dieu et se livrer au mal, en sorte que l’amour de Dieu se serait refroidi en elles, et qu’elles auraient alors reçu le nom d’»âme» et auraient été en punition précipitées dans les corps, qu’il soit anathème, qu’il soit maudit»

En clair que soit maudit celui qui pense que les âmes des hommes ont existé avant eux sous forme d’êtres purement célestes, que ceux-ci se sont détournés de Dieu et ont ainsi introduits dans des corps humains.

L’autre anathème est le suivant :

9.«quelqu’un affirme ou pense que la condamnation des démons et des hommes sans Dieu est provisoire et connaîtra une fin, ou qu’il y aura une réintégration des démons et des hommes sans Dieu, c'est-à-dire une apocatastase, qu’il soit anathème, qu’il soit maudit»

En clairque soit maudit celui qui croit qu’un jour tous les êtres, donc aussi les démons et les mécréants, reviendront à leur état originel, qui est Dieu.

Ceci contredit la loi divine de la conservation de la création entière, En réfléchissant à ces textes, on peut vraiment se demander si de telles «édictions» sont vraiment chrétiennes. Jésus de Nazareth a prêché le pardon par la force de l’amour, il a pardonné à ses ennemis, il a été tolérant envers ses contradicteurs, il n’a maudit personne.

L’idée de la réincarnation était familière aux premiers chrétiens. Nous lisons dans le Psaume 90«que ne fussent créés ka terre et le ciel, Tu étais Dieu, d’éternité en éternité, Tu laisses mourir les hommes mais tu leur dis«enfants des humains» Car mille années sont à tes yeux comme un jour qui passe, comme une nuit de veillée.»

Aux premiers siècles, les Pères de l’Eglise se sont toujours prononcés sans équivoque en faveur de l’idée de réincarnation. Ainsi saint Justin (
V 165), Clément d’Alexandrie (V 215), le grand théologien Origène (V 254), saint Grégoire de Nysse (V 394), le grand savant et exégète saint Jérôme (V 419), Rufin (V 410), saint Augustin (V 430) et beaucoup d’autres. Plus tard aussi, saint Bonaventure, père franciscain qui reconnaissait la réincarnation, de même que l’archevêque Passavali. Saint Bonaventure, le «séraphique», à écrit très clairement

«suis d’avis que ce serait un pas en avant considérable de pouvoir défendre ouvertement l’idée de la réincarnation, de la réincarnation sur terre comme dans d’autres mondes, car ainsi s’éclairciraient bien des mystères qui aujourd’hui enveloppent l’esprit et la raison de l’homme d’un brouillard impénétrable.»

Ainsi ces théologiens chrétiens ont-ils expliqué les inégalités du destin des humains par le retour sur cette terre. Ils croyaient aussi que les âmes déterminent par libre choix leurs vies successives, et que chaque vie ultérieure permet un développement nouveau. Dès lors, la résurrection des corps n’interviendra pas à la fin des temps, mais elle se produit après chaque mort, par le retour dans un nouveau corps, tout différent du précédent. Ils avaient bien compris la résurrection dans la chair en lieu et place de la résurrection de la chair, idée absurde en raison de la transformation cyclique de la matière.

Aussi nous réjouissons-nous de constater que l’homme pensant d’aujourd’hui, même en Occident, revient de plus en plus aux idées chrétiennes originelles et reconnait que c’est par la réincarnation que nous, les humains, recevrons de Dieu la grâce de nous élever toujours plus haut. Toutes les «âmes» (c’est le nom que donne la Bible à notre conscience de Je immortelle) reçoivent de la sorte le moyen d’atteindre le but qui est le retour à Dieu, à Yahvé, à Allah, à la source, à l’origine, ou la dissolution dans le nirvâna.

Je me réjouis également de pouvoir de plus en plus souvent parler de la réincarnation dans les cercles religieux officiels – catholiques et réformés. Ainsi se dessine peu à peu une plus grande ouverture des églises chrétiennes à l’égard de l’idée de la réincarnation.

Un pas important a été franchi le 9 janvier 1986 lors de l’émission de la télévision allemande ZDF intitulée «fois sur terre», émission suivie d’un débat public de deux heures et demie sur le sujet. A la fin du débat, j’ai posé deux questions franches et directes au théologien catholique Andreas Resch, professeur à l’Université du Latran à Rome.
Voici textuellement ce qui c’est dit à cette occasion sur le plateau de la télévision Stefan von Jankovich (S.v.J.) – Je voudrais me faire le porte parole de milliers de téléspectateurs et poser au Professeur Resch deux questions qui sont restées en suspens.

Première question : l’Eglise catholique a-t-elle jamais condamné officiellement et par écrit l’idée de la réincarnation

Deuxième question : Est-ce qu’en tant que fidèle catholique je commets un péché, voire un péché mortel, si j’ai besoin pour mon propre développement de la théorie de la réincarnation, parce que je sens que je ne pourrai atteindre en une seule vie la perfection nécessaire à se représenter, comme il est dit dans la Bible, devant le visage de Dieu
Père Andréas Reich (A.R.) – Il faut répondre à la première question qu’aucune décision doctrinale de l’Eglise catholique ne s’oppose à l’idée de réincarnation.

Quand à la seconde question, vous dites que vous avez besoin de la réincarnation pour votre épanouissement personnel. J’ajouterais cecisi ce modèle de réflexion vous procure votre épanouissement personnel, vous devez poursuivre dans cette voie. L’important est alors que vous intégriez ce que vous avez-vous-même appelé le premier commandement du christianisme, à savoir l’amour, amour de soi, amour du prochain et amour de Dieu.
L’animateur, Karl Schnelting, a alors posé d’autres questions au Professeur Resch. La suite du débat me paraît également intéressante à reproduire.

Karl Schnelting (K.S.) – Père Resch, le thème des vies terrestres répétées est aujourd’hui traité en toute liberté dans les débats d’académies catholiques. Est-ce là le signe d’une plus grande ouverture, et cette ouverture à la discussion pourrait-elle dans le futur recevoir de nouvelles limites

A.R. – Je voudrais dire ici qu’en 1978 déjà, à l’occasion du Congrès Imago Mundi, dont les travaux ont été publiés sous le titre «après la mort», j’avais invité trois conférenciers pour parler de cette question. L’un des trois est notre interlocuteur d’aujourd’hui, Stephan von Jankovich, qui a parlé de son expérience en état de mort clinique et a mentionné à cette occasion son expérience de la réincarnation.

Ce sujet était encore tabou à l’époque. J’étais totalement seul. Aussi le débat d’aujourd’hui me réjouit-il, et je voudrais ajouter ici que j’ai eu l’occasion en 1984 de poser la question au Pape à l’occasion d’une brève audience privée. Je lui ai dit que l’Eglise qui dialoguait ouvertement avec l’athéisme, avec les incroyants, était fermée à tout débat sur le spiritisme, sur l’ésotérisme, et occultait surtout le dialogue sur le plan théologique avec les personnes qui croient à la réincarnation. Il faut donc dire ouvertement, sincèrement et simplement, qu’il y a aujourd’hui dans le monde beaucoup de gens qui croient à la réincarnation ainsi qu’à la continuation de la vie personnelles après la mort.

Une étude demandée par le Synode des Evêques à Rome montre qu’en Europe vingt-trois pour cent des catholiques et vingt et un pour cent des protestants croient à la réincarnation, de même que douze pour cent des personnes qui n’appartiennent à aucune communauté religieuse ou se disent athées (car on peut être athées et croire à la réincarnation). C’est pourquoi je crois qu’il est tout simplement nécessaire de s’occuper de cette question et que c’est une obligation pour l’Eglise. J’ajouterai que nous ne trouvons actuellement chez les tenants de la réincarnation aucun travail fondamental pouvant servir de base de discussion.

En outre, les formes de la théorie de la réincarnation sont très diverses (nous avons vu la même situation à propose de la théosophie), de sorte que, du point de vue de l’Eglise, je dirais même tout simplement du point de vue chrétien, nous devons inviter les «éincarnationnistes» à unir leurs efforts pour préparer un tel travail fondamental en vue du débat de fond.

A la demande des téléspectateurs, la télévision allemande a imprimé et distribué à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires le texte de ce débat. Ainsi une déclaration authentique d’un théologien catholique a-t-elle pour une fois été publiée. C’est très bien ainsi, car tout reste ouvert. Ce qui n’est pas interdit est permis. Et donc les catholiques également peuvent se représenter leur chemin personnel vers Dieu à travers plusieurs vies. Quant au protestantisme, il n’a aucune position arrêtée sur la question.

Les opposants à la théorie de la réincarnation avancent toujours l’argument selon lequel l’homme est dit «» dans la Bible, et ils essaient ainsi d’enlever sa substance à l’idée de la réincarnation. Sur ce point, je suis d’accordl’homme est toujours uniqueIl n’y a jamais eu dans l’histoire de l’humanité de «» tel que je suis aujourd’hui et il n’y en aura jamais. Cela n’exclut cependant pas qu’un Je conscient, immortel et divin, ait accepté des corps toujours différents avec des rôles différents, en des endroits différents et à des époques différentes, pour accomplir son propre développement, comme par exemple ici l’auteur de ce livre, «», un homme unique.

Quelle est aujourd’hui l’attitude de l’Eglise officielle sur cette questionElle l’ignore. C’est pourquoi les théologiens ont visiblement de la peine à traiter d’une réincarnation niée, car cette idée n’a jamais été officiellement enseignée dans la doctrine.

Une évolution, jusqu’ici discrète à l’abri des façades vaticanes de Carlo-Maderna, se dessine par contre clairement, la tolérance officielle faisant graduellement place à l’ouverture progressive de l’Eglise catholique à la réincarnation.
En avril 1984 lors d’une audience privée au Vatican, le théologien catholique Andreas Resch remettait au pape Jean-Paul II les actes du colloque Imago Mundi (14-17 septembre 1978), avec entre autres mon exposé sur mon expérience de la mort et mes réminiscences concernant la réincarnation.

Le 16 juin 1985, j’ai eu l’occasion d’exposer personnellement mon point de vue au pape Jean-Paul II.

Stefan von Jankovich (S.v.J.) : Je lui ai dit que ma foi chrétienne n’entrait nullement en conflit avec la réincarnation. Je lui ai également parlé des réminiscences qui m’avaient ouvert les yeux et avaient conforté ma foi en un Dieu équitable. J’ai ajouté que la réincarnation était une partie intégrante de ma foi chrétienne.

Nous ignorons la position officielle de l’Eglise d’aujourd’hui sur la réincarnation, mais en 1985 le Pape a nommé une commission pontificale chargée d’étudier l’idée de la réincarnation dans la chrétienté contemporaine. Par ailleurs, un rapport intermédiaire figurant à l’ordre du jour du Synode des Evêques qui termina ses travaux en janvier 1986 mentionnait pour la première fois au Vatican le mot «éincarnation».

A mon avis, le Pape a fait preuve ici d’une grande habileté politique pour lancer au Vatican le débat sur la réincarnation. Cette évolution va dans le sens de l’ouverture, du moins je l’espère. Pour illustrer cette nouvelle orientation, je citerai Hans Küng, le grand théologien de l’Université de Tübingen «données empiriques – c’est ainsi qu’on les appelle – confirmeraient la réalité d’existences terrestres répétéesil existerait en effet de nombreux rapports détaillés faisant état de personnes capables, notamment par des exercices de yoga, de se remémorer une existence antérieure. Comment cela pourrait-il s’expliquer autrement que par la réincarnation

Oui, n’y a-t-il pas jusque dans l’Ancien et le Nouveau Testament des allusions à cette idée, par exemple lorsqu’il est question du retour du prophète Elie dans la personne de Jean-BaptisteEt les condamnations de la théorie de la réincarnation par l’Eglise ne doivent-elles pas se comprendre à la lumière du contexte historique de l’époque et ne doivent-elles pas être relativiséesLe christianisme ne serait-il pas alors vraiment réconciliable avec l’idée de la réincarnation. L’intégration de nouveaux enseignements dans la tradition chrétienne ne peut en aucun cas être exclue a priori.


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